
Je ne connaissais pas Sacha Baron Cohen, déjà auteur du personnage de faux rappeur blanc Ali G, mais il faut dire que depuis quelques temps, la bande annonce diffusée au cinéma de Borat, leçons culturelles sur l'Amérique au profit de glorieuse nation Kazakhstan, me faisait bien rire. Le personnage avait l'air drôle, et l'histoire du film, vrai faux documentaire tourné aux USA, était alléchante.
Borat est un film assez drôle, effectivement. Le personnage principal, journaliste misogyne, obsédé sexuel, raciste et antisémite, ne se pose pas de limite ni dans le "non politiquement correct", ni dans le caractère gras et lourd des séquences humoristiques. Même si ça ne me fait pas toujours rire, les mêmes (grosses) ficelles étant souvent utilisées, je cautionne le principe car on voit bien trop souvent au cinéma d'humour tellement formaté et désireux de ne choquer personne, qu'il en devient aseptisé, et pas drôle.
Par contre, les séquences qui font froid dans le dos sont celles des américains mis à nu qui ont cru avoir affaire à un vrai journaliste. Les pires penchants ressortent : racisme, homophobie, bigoterie à la limite de la secte. En ça, le film, un peu à la manière d'un Michaël Moore, dénonce les travers de l'Amérique actuelle, et fait mouche. A travers les yeux de Candide de ce vrai-faux journaliste, on est de suite horrifié par certaines répliques comme ce Texan qui conseille à Borat de raser sa moustache pour ne pas ressembler à un "terroriste" ou qui acquiesce quand Borat lui dit qu'au Kazakhstan, les homosexuels sont lynchés.
Bref, si vous n'aimez pas l'humour gras et lourd, n'allez pas voir Borat, vous perdrez votre temps. En revanche si ça ne vous dérange pas, vous pourrez, en plus d'une heure et demi de rigolade, vous offrir quelques frissons en voyant quelques beaux spécimens d'américains moyens bien terrifiants.
Take care