
Quel plaisir de découvrir enfin au cinéma le premier film du maître de l'animation japonaise Hayao Miyazaki. Le film date en effet de 1984, mais Miyazaki est resté ignoré en Europe quasiment jusqu'au succès du Voyage de Chihiro en 2002 (ours d'or à Berlin). Nausicaä de la vallée du vent est le film qui a lancé la carrière de Miyazaki, lui permettant de fonder les célèbres studios Ghibli, une référence encore de nos jours.
Nausicaä est une fable écologique, adaptation d'une bande dessinée de ce même Miyazaki, et même si le scénario a été il me semble un peu simplifié pour le passage à l'écran, le manga faisant quand même 7 tomes, l'essentiel du scénario a été préservé. On retrouve donc le monde pollué par les humains, et la lutte entre les survivants pour arriver à rendre, à leur façon, le monde vivable à nouveau. L'écologie est bien évidemment un des thèmes majeurs du film, et on peut louer la clairvoyance de Miyazaki, il y a plus de vingt ans. Sans être a proprement parler religieux, le film est également fort mystique, ce qui ne fait qu'augmenter les émotions.
L'animation est pour l'époque, exceptionnelle et bien des dessins animés qui sortent de nos jours ont des leçons à prendre du studio Ghibli. Comme pour tout ses autres longs métrages Miyazaki a fait appel au compositeur Joe Hisaishi, dont la musique a le don de sublimer les images (même si, années 80 obligent, certains sont sonnent un peu kitsch aujourd'hui). A ce titre, les scènes d'envol de Nausicaä sur son planeur me donnent toujours la chair de poule, tant la musique souligne avec talent le moment. Par rapport à ses autres films, on remarquera une part plus grande de l'action, ce qui ne nuit pas au rythme du film, reproche que l'on peut faire à certains de ces autres longs métrages, et puis toujours cette fascination pour les machines volantes, pour les grosses bêtes (les Omus se retrouveront d'une certaine façon dans Le Château Ambulant), et cette héroïne jeune, courageuse, intrépide, auquelle les petites filles doivent s'identifier, et dont tous les petits garçons doivent tomber amoureux ... Nausicaä annonce Mononoke, Chihiro et les autres personnages féminins de l'oeuvre de Miyazaki/
Bref, il n'y a pas à tortiller, pour son coup d'essai, Miyazaki a réussi un coup de maître, et ce film préfigure tout son cinéma postérieur. L'animation japonaise, si longtemps décriée, aura toujours beaucoup à apprendre aux grandes firmes qui imposent leurs stéréotypes pleins de guimauve. Bravo, Maître Miyazaki (5.5/6)
Take care,